C’est au cours d’une séance photo dans un des beaux lofts de la Rue d’Aboukir, que j’ai rencontré Thomas. J’ai beaucoup aimé sa façon de photographier, sa personnalité, sa sensibilité. Voilà pourquoi j’ai voulu partager cette rencontre avec vous, en vous donnant un aperçu du personnage ainsi que de son travail dans cette interview.

Mes questions : Bonjour Thomas, pour commencer peux tu te présenter en quelques mots ?
Ses réponses : Salut Camille, je m’appelle Thomas Kimmerlin Poupart, je suis réalisateur de documentaire et photographe. 

Comment t’es venue cette passion pour la photographie ? 
Comme je l’ai dit, je m’appelle Thomas Kimmerlin Poupart, et je tiens à ce deuxième nom « Poupart » car c’est celui de mon grand père maternel. Il installait techniquement des salles de cinéma, il avait donc un atelier pour se faire, et il m’arrivait très souvent de me retrouver avec lui sur son lieu de travail : dans les cabines de projection et les salles obscures. C’est l’univers dans lequel j’ai grandi. 
Eh puis mon père aussi, qui lui était photographe amateur et qui nous faisait profiter de ses photos lors de ces soirées diapo dans le salon, que beaucoup de gens de ma génération doivent connaître, et qui m’ont aussi marquées durant mon enfance. Je pense que c’est de la que me vient cette passion pour la photographie d’une part, mais surtout pour l’image en générale.



Comment définirais tu ton style ? 
Je ne sais pas exactement comment le définir, puisqu’il a pas mal changé au cours des années. Depuis 2012 je fais du portrait, du nu, donc une photographie plutôt intimiste que je tente de garder la plus naturelle possible, sans artifice. J’essaie d’avoir une approche assez direct avec le modèle, dans le sens où l’on essaie de ne pas créer de personnage, même si quand on pose je pense qu’il y a toujours une partie… de comédie peut être ?
Sinon pour le reste de mes photos, c’est plutôt de la photographie de voyage, de la photographie sociale donc finalement ce sont toujours les gens qui m’intéressent, les gens dans leur environnement. Au début je ne les faisais pas poser, maintenant si. Cela m’a d’ailleurs permis de changer la façon dont j’aborde la photo, les personnes avec lesquelles je travaille. 

Comment choisis tu tes modèles ?
Sur des images (rire). Pour le coup, c’est en voyant les photos des personnes en question. Je trouve la majorité de mes modèles via Instagram, professionnelles ou non, je préfère d’ailleurs qu’elles ne le soient pas afin de garder justement ce côté naturel que j’aime retrouver dans mes photos. Je travaille uniquement avec des modèles féminin car je suis moins intéressé par le masculin. Je n’ai aucun critère de race, de couleur de cheveux, d’yeux ou de morphotype, c’est au feeling.



Quelles sont les étapes importantes qui selon toi, ont marqué ton parcours de photographe ? 
Ma première exposition à Lille en 2010 dans un bar qui s’appelle le Bar Parallèle. La personne qui organisait l’animation artistique du bar m’a proposé de m’exposer, j’ai quelque peu hésité au départ puis j’ai fini par accepter. J’ai donc choisis de faire une exposition sur « Tokyo – Istanbul, univers parallèles », car j’ai habité en Turquie et je me suis beaucoup baladé en Asie notamment au Japon. Je voulais confronter ce début de l’Asie et cet Extrême Orient. Le rapport à l’individu et la foule notamment. 
Ensuite, les quelques expositions que j’ai pu faire à la galerie Vertikal ont été importantes dans mon parcours aussi. Il y a eu une première expo sur le Japon, « Seeing double in Tokyo », des photos en double exposition à l’argentique, à la recherche de l’animisme dans la ville de Tokyo. Une expo sur Londres aussi, « I hate London », avec des histoires de beuverie et de sexe dans cette ville assez filthy je trouve.
Puis quand j’ai été sélectionné pour exposer à Singapour, la série « Seeing double ». 
Et enfin, quand je me suis lancé dans les nus, et que j’ai commencé à sortir les livres « Mighty Nude », et voir que les gens étaient intéressés et aimaient l’idée.



As-tu des mentors ? Des inspirations ? 
Jean-Philippe Pernot qui est un artiste complet dans la vie comme dans la photographie, et qui attache beaucoup d’importance à la technique photographique et notamment les processus anciens. Je travaille avec lui en dehors de la photo, on a fait un film ensemble « L’aube », et nous en préparons un nouveau pour l’année prochaine. Jean-Philippe est quelqu’un de vraiment intéressant, que j’apprécie beaucoup, un « sensei » qui – d’une certaine façon – me montre le chemin. 
Ensuite il y en a beaucoup d’autre, notamment des photographes japonais comme Araki, son travail quotidien sur Tokyo, la série avec sa femme, celle avec son chat aussi. Ou encore Naoya Hatakeyama et son travail « River » à Tokyo encore une fois. Mick Mandel aussi, photographe américain que j’ai eu l’occasion de rencontrer plusieurs fois à Boston, qui a beaucoup travaillé avec Larry Sultan avant sa disparition, avec notamment la série « Evidences ». Et puis tant d’autres, des photographes de guerre, des photo reporter qui m’inspirent aussi beaucoup comme Riboud avec « Vers l’Orient » par exemple.

Pour parler d’inspiration pure, en mai dernier je suis tombé complètement par hasard – qui selon moi n’existe pas – sur une image d’un photographe que je ne connaissais pas, Philip Heying, dans la vitrine de la galerie Agathe Gaillard à Paris. Cette photo d’un paysage de la campagne américaine me transporte, elle est faite à la chambre et elle est incroyable parce qu’elle m’apparaît en trois dimensions. Il y a dans cette photo un effet de profondeur impressionnant, je ne sais pas comment il a réussi à faire ça. Au début je pensais même que c’était du collage, ou du découpage, mais non, c’est juste une photo à la chambre (rire). 



Quel matériel utilises tu ?
J’utilise un Canon 5D Mark III pour le numérique. 
Pour l’argentique j’utilise pas mal de caméra, comme de vieux Point and Shoot, ou bien de petits appareils japonais, ou encore un vieux Nikon FM1 qui appartenait à mon père. J’adore le Ricoh GR, aussi bien sa version argentique que numérique, le 28 mm me convient bien. Je travaille aussi au Polaroid Land Caméra 195, parfois en type 600. Voilà, c’est assez large !

As tu des projets avenir ?
J’aimerais sortir le 3e volume de « Mighty Nude », qui est prêt, regroupant 150 pages de photos, mais j’ai toujours envie de l’élargir (rire). Il faudrait que je le sorte à la rentrée, faire une soirée de lancement avant de partir en tour du monde. Le projet d’avenir c’est ça, un voyage autour du monde. Après je ne sais pas s’il y aura des photos, des vidéos qui sortiront de ce projet, mais en tout cas c’est l’avenir.



Si je te dis un écrivain ? 
Eh bien je te dis, c’est bien il faut lire des livres (rire) ! Hermann Broch, un écrivain allemand de la première moitié du 20e siècle et surtout de l’entre-deux guerres. Il a fait sa propre auto-psychanalyse dans son livre « Autobiographie psychique », un ouvrage vraiment incroyable ; cette période de l’entre-deux guerre m’intéresse beaucoup, c’est un peu ce que l’on vit en ce moment d’une certaine façon. 

Un pays ?
La Turquie, parce que j’y ai vécu ce qu’il se passe dans ce pays me touche beaucoup, et j’y ai des amis proches. 

Un musicien ?
(rire) C’est pas facile les questions en « un » ! Je peux te dire Selim, un pote d’Istanbul qui est quelqu’un de formidable mais ça ne va pas t’avancer parce que tu ne le connais pas (rire). Pour parler d’un musicien connu, je ne sais pas, honnêtement c’est trop difficile de choisir. Si je devais prendre un album pour partir sur une ile déserte ce serait « Abbey Road » des Beatles, ça a un lien particulier avec mon père, il me rappelle de bons moments, enfin j’aime beaucoup cet album. 



Un film ? 
Ce qui me vient tout de suite à l’esprit c’est plutôt une réalisatrice, Chantal Akerman, j’ai regardé une large partie de sa filmographie, puis je me suis penché sur « I don’t belong anywhere » qui est un documentaire sur sa vie, réalisé en 2015 juste avant sa disparition en début d’année. Tout ce qu’elle dit, la façon dont elle filme, c’est vraiment ce que je ressens dans ma pratique de la vidéo. 
Sinon pour répondre à la question, je dis toujours « Top Gun », parce que quand j’étais adolescent je suis allé voir ce film 7,5 fois au cinéma, c’est donc surement le film que j’ai le plus vu (rire). Plus sérieusement, « Théorème » de Pasolini m’a beaucoup marqué. 

Un mot pour la fin ? 
Merci d’avoir accepté de travailler avec moi Camille, j’espère avoir répondu à tes questions de façon satisfaisante en ce dimanche matin, 09:25. Vive la photographie, vive l’art et vive la vie !


C’est au cours d’une séance photo dans un des beaux lofts de la Rue d’Aboukir, que j’ai rencontré Thomas. J’ai beaucoup aimé sa façon de photographier, sa personnalité, sa sensibilité. Voilà pourquoi j’ai voulu partager cette rencontre avec vous, en vous donnant un aperçu du personnage ainsi que de son travail dans cette interview.

Mes questions : Bonjour Thomas, pour commencer peux tu te présenter en quelques mots ?
Ses réponses : Salut Camille, je m’appelle Thomas Kimmerlin Poupart, je suis réalisateur de documentaire et photographe. 

Comment t’es venue cette passion pour la photographie ? 
Comme je l’ai dit, je m’appelle Thomas Kimmerlin Poupart, et je tiens à ce deuxième nom « Poupart » car c’est celui de mon grand père maternel. Il installait techniquement des salles de cinéma, il avait donc un atelier pour se faire, et il m’arrivait très souvent de me retrouver avec lui sur son lieu de travail : dans les cabines de projection et les salles obscures. C’est l’univers dans lequel j’ai grandi. 
Eh puis mon père aussi, qui lui était photographe amateur et qui nous faisait profiter de ses photos lors de ces soirées diapo dans le salon, que beaucoup de gens de ma génération doivent connaître, et qui m’ont aussi marquées durant mon enfance. Je pense que c’est de la que me vient cette passion pour la photographie d’une part, mais surtout pour l’image en générale.



Comment définirais tu ton style ? 
Je ne sais pas exactement comment le définir, puisqu’il a pas mal changé au cours des années. Depuis 2012 je fais du portrait, du nu, donc une photographie plutôt intimiste que je tente de garder la plus naturelle possible, sans artifice. J’essaie d’avoir une approche assez direct avec le modèle, dans le sens où l’on essaie de ne pas créer de personnage, même si quand on pose je pense qu’il y a toujours une partie… de comédie peut être ?
Sinon pour le reste de mes photos, c’est plutôt de la photographie de voyage, de la photographie sociale donc finalement ce sont toujours les gens qui m’intéressent, les gens dans leur environnement. Au début je ne les faisais pas poser, maintenant si. Cela m’a d’ailleurs permis de changer la façon dont j’aborde la photo, les personnes avec lesquelles je travaille. 

Comment choisis tu tes modèles ?
Sur des images (rire). Pour le coup, c’est en voyant les photos des personnes en question. Je trouve la majorité de mes modèles via Instagram, professionnelles ou non, je préfère d’ailleurs qu’elles ne le soient pas afin de garder justement ce côté naturel que j’aime retrouver dans mes photos. Je travaille uniquement avec des modèles féminin car je suis moins intéressé par le masculin. Je n’ai aucun critère de race, de couleur de cheveux, d’yeux ou de morphotype, c’est au feeling.



Quelles sont les étapes importantes qui selon toi, ont marqué ton parcours de photographe ? 
Ma première exposition à Lille en 2010 dans un bar qui s’appelle le Bar Parallèle. La personne qui organisait l’animation artistique du bar m’a proposé de m’exposer, j’ai quelque peu hésité au départ puis j’ai fini par accepter. J’ai donc choisis de faire une exposition sur « Tokyo – Istanbul, univers parallèles », car j’ai habité en Turquie et je me suis beaucoup baladé en Asie notamment au Japon. Je voulais confronter ce début de l’Asie et cet Extrême Orient. Le rapport à l’individu et la foule notamment. 
Ensuite, les quelques expositions que j’ai pu faire à la galerie Vertikal ont été importantes dans mon parcours aussi. Il y a eu une première expo sur le Japon, « Seeing double in Tokyo », des photos en double exposition à l’argentique, à la recherche de l’animisme dans la ville de Tokyo. Une expo sur Londres aussi, « I hate London », avec des histoires de beuverie et de sexe dans cette ville assez filthy je trouve.
Puis quand j’ai été sélectionné pour exposer à Singapour, la série « Seeing double ». 
Et enfin, quand je me suis lancé dans les nus, et que j’ai commencé à sortir les livres « Mighty Nude », et voir que les gens étaient intéressés et aimaient l’idée.



As-tu des mentors ? Des inspirations ? 
Jean-Philippe Pernot qui est un artiste complet dans la vie comme dans la photographie, et qui attache beaucoup d’importance à la technique photographique et notamment les processus anciens. Je travaille avec lui en dehors de la photo, on a fait un film ensemble « L’aube », et nous en préparons un nouveau pour l’année prochaine. Jean-Philippe est quelqu’un de vraiment intéressant, que j’apprécie beaucoup, un « sensei » qui – d’une certaine façon – me montre le chemin. 
Ensuite il y en a beaucoup d’autre, notamment des photographes japonais comme Araki, son travail quotidien sur Tokyo, la série avec sa femme, celle avec son chat aussi. Ou encore Naoya Hatakeyama et son travail « River » à Tokyo encore une fois. Mick Mandel aussi, photographe américain que j’ai eu l’occasion de rencontrer plusieurs fois à Boston, qui a beaucoup travaillé avec Larry Sultan avant sa disparition, avec notamment la série « Evidences ». Et puis tant d’autres, des photographes de guerre, des photo reporter qui m’inspirent aussi beaucoup comme Riboud avec « Vers l’Orient » par exemple.

Pour parler d’inspiration pure, en mai dernier je suis tombé complètement par hasard – qui selon moi n’existe pas – sur une image d’un photographe que je ne connaissais pas, Philip Heying, dans la vitrine de la galerie Agathe Gaillard à Paris. Cette photo d’un paysage de la campagne américaine me transporte, elle est faite à la chambre et elle est incroyable parce qu’elle m’apparaît en trois dimensions. Il y a dans cette photo un effet de profondeur impressionnant, je ne sais pas comment il a réussi à faire ça. Au début je pensais même que c’était du collage, ou du découpage, mais non, c’est juste une photo à la chambre (rire). 



Quel matériel utilises tu ?
J’utilise un Canon 5D Mark III pour le numérique. 
Pour l’argentique j’utilise pas mal de caméra, comme de vieux Point and Shoot, ou bien de petits appareils japonais, ou encore un vieux Nikon FM1 qui appartenait à mon père. J’adore le Ricoh GR, aussi bien sa version argentique que numérique, le 28 mm me convient bien. Je travaille aussi au Polaroid Land Caméra 195, parfois en type 600. Voilà, c’est assez large !

As tu des projets avenir ?
J’aimerais sortir le 3e volume de « Mighty Nude », qui est prêt, regroupant 150 pages de photos, mais j’ai toujours envie de l’élargir (rire). Il faudrait que je le sorte à la rentrée, faire une soirée de lancement avant de partir en tour du monde. Le projet d’avenir c’est ça, un voyage autour du monde. Après je ne sais pas s’il y aura des photos, des vidéos qui sortiront de ce projet, mais en tout cas c’est l’avenir.



Si je te dis un écrivain ? 
Eh bien je te dis, c’est bien il faut lire des livres (rire) ! Hermann Broch, un écrivain allemand de la première moitié du 20e siècle et surtout de l’entre-deux guerres. Il a fait sa propre auto-psychanalyse dans son livre « Autobiographie psychique », un ouvrage vraiment incroyable ; cette période de l’entre-deux guerre m’intéresse beaucoup, c’est un peu ce que l’on vit en ce moment d’une certaine façon. 

Un pays ?
La Turquie, parce que j’y ai vécu ce qu’il se passe dans ce pays me touche beaucoup, et j’y ai des amis proches. 

Un musicien ?
(rire) C’est pas facile les questions en « un » ! Je peux te dire Selim, un pote d’Istanbul qui est quelqu’un de formidable mais ça ne va pas t’avancer parce que tu ne le connais pas (rire). Pour parler d’un musicien connu, je ne sais pas, honnêtement c’est trop difficile de choisir. Si je devais prendre un album pour partir sur une ile déserte ce serait « Abbey Road » des Beatles, ça a un lien particulier avec mon père, il me rappelle de bons moments, enfin j’aime beaucoup cet album. 



Un film ? 
Ce qui me vient tout de suite à l’esprit c’est plutôt une réalisatrice, Chantal Akerman, j’ai regardé une large partie de sa filmographie, puis je me suis penché sur « I don’t belong anywhere » qui est un documentaire sur sa vie, réalisé en 2015 juste avant sa disparition en début d’année. Tout ce qu’elle dit, la façon dont elle filme, c’est vraiment ce que je ressens dans ma pratique de la vidéo. 
Sinon pour répondre à la question, je dis toujours « Top Gun », parce que quand j’étais adolescent je suis allé voir ce film 7,5 fois au cinéma, c’est donc surement le film que j’ai le plus vu (rire). Plus sérieusement, « Théorème » de Pasolini m’a beaucoup marqué. 

Un mot pour la fin ? 
Merci d’avoir accepté de travailler avec moi Camille, j’espère avoir répondu à tes questions de façon satisfaisante en ce dimanche matin, 09:25. Vive la photographie, vive l’art et vive la vie !

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